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L’Adaptation: Avenir de la Traduction

 
L'équipe Ngomba découvre Adapt-it. Scott Satre (centre), membre de la SIL apprécie la façon dont l'adaptation accélère le processus pour trouver des expressions naturelles en Ngomba, basées sur le Ngiemboon écrit. Il dit : « Nous ne passons plus de longues heures à bagarrer pour découvrir ce qui est compréhensible aux Ngomba, parce que cela a déjà été fait dans la langue Ngiemboon voisine. »

Le développement d'une langue peut aussi profiter aux communautés dont les langues sont liées. Grâce à "l'adaptation" les individus bilingues, qui connaissent aussi bien la langue de "départ" que la langue d’arrivée, peuvent commencer à esquisser une traduction en un rien de temps.

 

C'est exactement ce qui s’est produit lors de l’atelier sur Adapt-it tenu à Bamenda en janvier, où les participants au cours ont appris à "adapter" des textes existants dans leur propre langue. Quelques semaines plus tard, M. Keith Beavon n’a eu besoin que de quatre petites heures pour apprendre à Ferdinand Elanga et Jean Eveque Mvolo, qui s’expriment en Badwe'e, à travailler avec Adapt-it sans assistance ! Depuis lors, Elanga et Mvolo adaptent le Badwe’e en Sso, une langue à l'ouest de Badwe'e.

 
Jean Eveque Mvolo (en haut à droite) a fait la traduction en Badwe'e pendant des années, mais il parle aussi Sso. Plus récemment, il a commencé à travailler avec son collègue Badwe’e Ferdinand Elanga (en haut à gauche) pour traduire en Sso, en utilisant Adapt It. Adapt It est un logiciel qui permet à un traducteur bilingue de tirer profit du travail déjà effectué dans une traduction pour produire une seconde traduction dans une langue étroitement liée.

Keith Beavon, qui dirige la formation sur Adapt-it dit: “La Traduction de demain comprendra un "adaptateur" - quelqu'un qui esquisse une traduction, en utilisant le logiciel de traduction Adapt-it. L’esquisse est ensuite révisée en terme de clarté de sens pour que d'autres puissent comprendre plus facilement le texte nouvellement traduit.” Les Réviseurs sont des linguistes qui comprennent une langue dans un groupe de langues liées et qui identifient des similitudes entre les langues-telles que la structure grammaticale, les sons, ou la phonologie.

 

Les participants à l'atelier sont venus de Ngomba (Province de l’Ouest), et de Pinyin, Bum, et Babanki (Province du Nord-Ouest). M. Beavon était assisté des facilitateurs Paul Kimbi et Frans Barah. Scott Satre de la SIL a appliqué ce qu'il a appris au Ngomba, en utilisant des textes en Ngiemboon. Nelson Ngong et Zebedee Chia ont participé comme personnels stagiaires pour travailler avec le Bum, le Babanki (en utilisant le Kom) et le Pinyin (en utilisant le Bafut).

 
Patricia Wilkendorf (à droite), consultante chevronnée qui a aidé à développer la langue Nomaande, croit que l'adaptation est prometteuse comme outil pour aider une langue voisine, le Tunen, à se développent plus rapidement. Ici, avec son collègue consultant Keith Beavon (arrière) elle regarde Joseph Embom traduire du Nomaande en Tunen pendant que Jacquis Walaze saisit la traduction sur l’ordinateur. Jacques-René Balahen (avant-à droite) à l’issue des travaux dit “Je suis très content de cette possibilité d'adaptation étant donné que notre langue est étroitement liée au Nomaande et le travail d'adaptation se fait de plus en plus rapidement à mesure que le logiciel Adapt-it enrichit sa base de données en mots.“

Que l'on adapte du Nomaande au Tunen, du Koonzime au Badwe' e, du Ngiemboon au Ngomba, du Bafut au Pinyin, ou du Kom au Bum ou au Babanki, la traduction continue – grâce à l'innovation de l'adaptation.



L'hélicoptère est arrivé (un Bell Long Range III N 146 SP)

 
Ken Morton (Directeur des Services Techniques), Alain Van Doren (Pilote d'Hélicoptère) et Dennis Freeland (Responsable du Département de l'Aviation), adossés à l'hélicoptère saluent les 50 venus entendre comment le " whirlybird de la SIL'S " a fini par trouver son nid au Cameroun.

Le ciel est bleu en ce matin du mardi 6 février 2007, lorsque la porte du hangar de la SIL s’ouvre lentement. On entend "Tout le monde est prêt à pousser ?" Cest la voix de Dennis Freeland, le Chef du Département de l'Aviation. En quelques secondes, sept hommes font sortir un hélicoptère de 1,155 Tonne sur ses roues.

L'hélicoptère est ici! Les 50 personnes prennant part à cette "célébration" manifestent naturellement de l'exubérance, mais aussi quelque chose d’indescriptible-une sorte de contemplation ou d'humilité, essayant de se représenter comment l’apparemment impossible aurait pu et venait juste de se réaliser.

Ainsi, comment sera-t-il utilisé ?

"Dennis et son équipage veulent aller au-delà de ce qu'on pourrait attendre" dit Ken Morton, le Directeur des Services Techniques, "je suis èmerveillé par les possibilités."

Dennis donne des détails, "il y a maintenant la capacité de transproter les gens même à Tivoid où les routes sont peu ou inexistantes. Tivoid était inaccessible, mais cela change." Tivoid est un groupe de langues au Sud-ouest du Cameroun près du Nigeria. Aucun service de téléphonie mobile n'est disponible là-bas; pour faire un appel on doit utiliser un téléphone satellite.

Une Organisation d'Aide a consenti à louer l'Hélicoptère à la SIL à 1$ par an après l'avoir utilisé pour les secours aux victimes du Tsunami. Apporté dans le pays dans un conteneur, l'hélicoptère a été monté par Ken Spragg et Chip Jones de JAARS. Carmen Frith, egalement de JAARS, a mis à jour et réparé l’avionique - les radios HF, GPS et moniteur de vol automatique.

Après "la célébration" Alain VanDoren, un expert en hélicoptères qui a travaillé comme pilote pendant 8 ans en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a répondu aux questions sur les évacuations sanitaires, la vitesse de vol, le poids, la consommation de carburant et les coûts des vols. L’hélicoptère Bell Long Range III peut prendre deux civières et voler à 125 milles/heure pendant 3 heures. Il soulève son poids propre plus 727 kg - c'est le poids d'un pilote, six passagers et le mécanisme pour un total de 1,886 Tonne. À 960 $US (480,000cfa) l’heure, son vol revient plus cher que celui d'un avion. Un whirlybird comme celui-ci sait avoir soif, et lape quelques 35 gallons de pétrole de haute qualité, le Kérosène, totutes les heures. L'hélicoptère niche à Kumbo, dans la Province du Nord-ouest du Cameroun, à côté du Helio Courrier desservant aussi ce secteur.



Des Avantages Éducatifs Mesurables Grâce à l’Usage de la Langue Maternelle à l’École Primaire

 

Le Docteur Stephen Walter, chercheur senior à la SIL International, vient de commettre résumer son analyse de la phase initiale de la recherche sur l'efficacité de l'enseignement-apprentissage en langue maternelle. La recherche sur le terrain a été effectuée pendant le deuxième semestre de 2006 dans le Département de Boyo, secteur de la langue Kom, où l'école se fait soit en Anglais soit en Kom. Parmi les données recueillies figuraient les résultats des examens officiels que doivent passer, chaque année, les élèves en fin de cycle primaire (Certificat d’Études Primaires). L'analyse de ces données a apporté la preuve tangible des avantages éducatifs de l'enseignement-apprentissage en langue maternelle.

 

Ceux qui se sont présentés à ces examens officiels en 2006 dans l’Arrondissement de Njinikom ont été divisés en deux groupes, selon qu’ils avaient ou non fréquenté une école usant de la langue maternelle dans la région de Kom. Au total 455 élèves ont composé – 189 du Cours Moyen Anglais et 266 du Cours Moyen Kom. Voici ce qui ressort des données recueillies:

Au niveau individuel des élèves:

  • Les 6 premiers sortaient des écoles usant de la langue maternelle
  • 28 des 29 premiers sortaient des écoles usant de la langue maternelle
  • 44 des 50 premiers et 76 des 100 premiers sortaient des écoles usant de la langue maternelle
  • Parmi ceux qui ont eu des notes au-dessus de la moyenne au CEP, 130 sortaient des écoles usant de la langue maternelle contre 54 issus du Cours Moyen Anglais
  • La moyenne générale des candidats issus des écoles usant de la langue maternelle dépassait de 22,1 points celle des candidats du Cours Moyen Anglais.
Au niveau individuel des établissements:
  • Les deux écoles qui arrivent en tête font usage de la langue maternelle
  • 6 des 7 écoles qui arrivent en tête font usage de la langue maternelle
  • 5 des 6 écoles qui sont à la queue font le Cours Moyen Anglai
  • Les écoles de langue maternelle ont dépassé les Cours Moyens Anglais de 23,3 points.
Ces différences sont statistiquement significatives, soutenant l’hypothèse que l’éducation en langue maternelle présente vraiment des avantages éducatifs à long terme.

L'avertissement du Docteur Walter est qu'il est trop tôt pour tirer des conclusions majeures, étant donné que ses découvertes ne représentent que la phase initiale d'une étude de plusieurs années.



Le Congrès Kwasio se penche sur le développement de la langue trans-frontalière

 

La ville de Lolodorf était en effervescence du 29 novembre au 2 décembre pendant que les Bissio de Guinée Équatoriale, les Makina du Gabon et les Kwasio du Cameroun se donnaient la main sous la bannière UNE LANGUE : UN PEUPLE. Quand les Bissio parlaient, les citoyens de Lolodorf s’exclamaient, “Vous parlez parfaitement notre langue maternelle!”

« Le Kwasio est leur langue », précisait M. Daniel Duke, linguiste de la SIL et organisateur, « et ce Congrès appartient à tous les gens qui le parlent ». Abay Bouh, un diplômé de SIL ‘coursework’, a répercuté la perspective de M. Duke quand il a présenté au Congrès des textes dont la traduction lui aura pris toute une vie, « Personne ne m'a demandé de traduire tout ceci; mais en bon Kwasio j'ai voulu le faire! »

Abay Bouh recevant un prix pour avoir engagé toute sa vie au développement de la Langue Kwasio du Dr Mbambo, Président du Congrès (photo gauche). “Abay Bouh aussi donne un prix à Dr Mbambo.”
 
M. DUKE (à droite) dirigeant l'atelier d'orthographe.

Le Dr Mbambo présidait le congrès – un Congrès qui rappelait les racines et les ramifications de son peuple, leurs accomplissements et leurs plans. M. Duke a fait son exposé sur "l'Histoire de l’Écriture en Langue Kwasio" et des maîtres conteurs ont magistralement présenté des chroniques animées et dramatiques des généalogies et des migrations ancestrales. Douze autres chefs supérieurs ont présenté des recherches sur leur langue et leur culture.

Le Dr Mbambo dirigeait l'atelier de révision, pendant que M. DUKE (photo) dirigeait l'atelier d'orthographe. Chaque séance comptait trente-cinq participants. Pendant ces séances, les comités de traduction et de langue finalisaient leurs statuts en vue d’un développement plus poussé de la langue Kwasio.

 
M. Bert Visser, directeur des relations publiques de la SIL Cameroun, a parlé du travail en équipe, “Dans toute collaboration réussie, les attitudes et comportements des gens envers leurs vis-à-vis fournissent la lubrification essentielle pour une synergie harmonieuse des efforts.”

Aucune communauté ne peut se développer de façon indépendante, mais ces communautés peuvent réussir si elles coopèrent entre elles. Grâce à une telle coopération, le travail en Kwasio peut profiter aux dialectes Makina, Bissio et même à une autre langue camerounaise, le Bagyeli.

 
Des enfants qui ne la connaissaient que de nom ont vu de leurs propres yeux "la fierté des Ngumba" pour la première fois - une expérience unique dans la vie des 300 personnes qui ont assisté à son concert.

Et il y a eu une attraction spéciale: la vedette Anne-Marie NZIE "la mère de la musique pop Camerounaise". À 75ans, "la dame la de l'âme" continue de faire vibrer sa voix dans les cœurs avec les tubes des années 1960.

 

L’enregistrement du Congrès a été assuré par Joe Rider, Byung Sun Kim et Roche Ntankeh de la SIL, qui préparent une vidéo que le comité de langue peut utiliser à des buts éducatifs.

En tout, 90 personnes ont assisté au Congrès : 70 délégués et 20 aides. Les dignitaires étaient constitués de 20 chefs de villages.

Musiciens, exposés, séances de travail, culminant par la remise de diplômes et de prix à 15 personnes en reconnaissance de leurs contributions à un travail historique qui passera dans la postérité — comme le premier recueil de chants et la première grammaire. En honorant solennellement plusieurs de ceux qui ont aidé à développer la langue Kwasio - même les morts dont le travail dans le domaine de la langue reste vivant dans les plans du Congrès en cours — les gens rappelaient que la vie c’est faire la différence pour quelque chose de plus grand que nous.



L’Album Photo de la Présentation du Rapport Annuel 2006

 
M. Lawrence Seguin, Président par intérim du Comité Exécutif de la SIL Cameroun, accueille les invités à la présentation du Rapport Annuel.

 
M. Nelis Van den Berg, Directeur Général par intérim de la SIL Cameroun, évoque les temps forts de cette année en répondant aux questions spontanées de l’assistance.

 
Les invités parcourent le rapport annuel 2006 en attendant l’ouverture de la cérémonie de présentation.

 
Les invités se restaurent après la présentation.



La SIL Cameroun conduit des ateliers de production de brochures sur le SIDA

 
Brochure sur le SIDA version fulfulde en écriture arabe. La couverture est à droite, parce que la langue s’écrit de droite à gauche. 5.000 ont été imprimées en écriture romaine et 5.000 autres en arabe. Les histoires anecdotiques indiquent que la brochure en arabe est bien reçue, surtout par ceux qui parlent fulfulde. Les participants à l’atelier brûlaient de voir la brochure dans leur propre langue !

Pendant la vérification du tract sur le SIDA en fulfulde (écriture arabe), Mollah était si excité que Scott avait de la peine à le comprendre.

Mollah, un expert en matière de langue arabe, lisait le tract sur le SIDA dans sa langue maternelle en écriture arabe. C’est alors qu’il s’est écrié : « C'est ma toute première fois de comprendre ce qu'est le SIDA et pourquoi il se répand si rapidement. »

Après avoir corrigé les fautes d'orthographe, Mollah a semblé regarder fixement la brochure, puis a levé les yeux sur Scott ; il s’est exclamé : « Cet tract est maintenant « définitif » et prêt à être présenté à ma communauté d’expression fulfulde. »

Une semaine plus tard, ils sont arrivés tôt à une réunion à l'échelle communautaire dans les environs de Yaoundé. Des chaises spéciales ont été mises de côté pour Scott, l’orateur principal, et Mollah. Se sentant servis comme des rois et sirotant des boissons sucrées, Mollah et Scott ont vu les premiers hommes Fulbe entrer l’un après l’autre dans la salle jusqu'à ce qu'elle fût pleine. Il y avait des hommes non seulement du Cameroun, mais également du Mali, de la Guinée-Bissau, et du Nigeria. A l’entrée, chacun recevait un tract sur le SIDA, certains prenant celui en écriture romaine mais la plupart préférant celui en écriture arabe.

 

À la conclusion de la célébration, il y a eu des questions - abondamment. Celle-ci a été la plus poignante : « C’est une bonne chose que cette importante information soit maintenant à notre disposition dans notre langue et notre écriture maternelles. Mais pourquoi a-t- elle mis si long à nous parvenir ? »

 

18.000 de ces tracts sont distribués aux cliniques de santé et aux comités locaux de lutte contre le SIDA à travers le pays. Ceci est une initiative toute nouvelle—Des ateliers de production de brochures sur le SIDA par la SIL Cameroun.

 

Jusqu'ici, il y a eu deux ateliers--un en anglais tenu à Bamenda et un autre en français tenu à Yaoundé, avec chacun des participants représentant 11 langues. (En outre, ceux qui parlent boulu et nomaande ont traduit la brochure en dehors de l'atelier.) Le troisième atelier (en français) est programmé pour février avec neuf autres langues de l’Extrême Nord.

 

La brochure a été traduite dans 24 langues (dont 22 ont déjà été imprimées) et sera traduite en neuf autres langues du Cameroun lors de l'atelier de l’Extrême Nord. Ainsi, un total de 33 groupes de langues sera atteint.

 

Il y a trois ans, le Dr. Gordon Martin concevait et produisait la brochure sur le SIDA. Aujourd'hui, deux versions sont disponibles, mais le message est le même pour les deux. La seule différence est que les Saintes Ecritures ont été ajoutées dans l'une des versions pour la rendre particulièrement utile pour les groupes relevant des églises.

 

Plus de 100.000 exemplaires de la brochure sont actuellement sous presse, avec des plans pour d’avantage. Une fois la brochure imprimée, la distribution peut se faire tout de suite. Il est arrivé que la brochure soit imprimée un jour, et n’ait commencé à être distribuée dans le village que deux jours plus tard !